Conseil d'État : Faciliter la création et la vie des associations et fondations d’utilité publique

ven, 11/01/2019 - 12:59 -- Julie

Faciliter la création et la vie des associations et fondations d’utilité publique : Nouveaux statuts, premiers recueils de jurisprudence

 

Le Conseil d'État a publié deux recueils de jurisprudence sur les statuts types des associations et fondations reconnues d'utilité publique. Ces guides accompagnent les nouveaux statuts types approuvés par un avis du Conseil d'État du 19 juin 20108, et publiés par le ministère de l'Intérieur le 6 août dernier.

-> Nouveaux statuts types des fondations

-> Nouveaux statuts types des associations

 

Ces recueils visent, à partir des exemples de la jurisprudence, à faciliter et encourager :

  • la création et la gestion des organismes ;
  • les ambitions des porteurs de projets ;
  • le dynamisme de l’ensemble des acteurs en relation avec les associations et fondations reconnues d’utilité publique (administrations territoriales, organismes de conseil juridique).

La mise à jour par le Conseil d’État des statuts types n’avait pas été faite depuis 1991 pour les associations et depuis 2012 pour les fondations. Pour la première fois, ces statuts types ont été révisés après audition, par le Conseil d’État et en concertation avec les ministères de l’intérieur et des finances, des principaux acteurs des mondes associatif et fondatif.

Publiés le 6 août dernier par le ministère de l’Intérieur, ces nouveaux statuts types ont pour objectif de rendre la création d’associations et fondations reconnues d’utilité publique plus simple et plus souple, et de faciliter leur gestion au quotidien sans remettre en cause les grands principes qui les régissent.

Les nouveaux statuts-types permettent de :

S’appuyer les potentialités du numérique :

  • participation à des réunions à distance (par visioconférence ou télécommunication) ;
  • délibération par échange de courriels afin de faciliter la participation directe et baisser le nombre de recours à la représentation. Les réunions physiques restent toutefois obligatoires (deux fois par an pour le conseil d’administration des fondations, une fois par an pour l’assemblée générale des associations) ;
  • dématérialisation des documents issus de l’assemblée générale pour les associations.

Simplifier la gestion au quotidien :

  • facilitation du changement de siège social en cas de déménagement au sein du même département (la modification des statuts n’est plus nécessaire) ;
  • possibilité de rémunérer modérément des personnes dirigeant les associations et les fondations sans autorisation administrative préalable. Celle-ci doit toutefois rester faible puisque le principe de base reste la gratuité et le don de son temps ;
  • suppression de l’obligation de constituer une dotation pour les associations et suppression de préciser les dépenses autorisées pour les associations et les fondations ;
  • assouplissement et précisions apportées au mode de gestion des dotations des fondations : elles peuvent désormais gérer librement leurs titres mobiliers et réaliser des plus-values (ou prévenir les moins-values) sans autorisation préalable de l’administration, à condition de maintenir la valeur de la dotation. S’agissant des fondations qui sont des actionnaires de référence d’une entreprise, les statuts doivent préciser comment elles gèrent leurs participations et les décisions qu’elles peuvent prendre dans ce cadre tout en se conformant à leur mission d’utilité publique.

Promouvoir la déontologie et la démocratie :

  • prévention des conflits d’intérêt : les administrateurs, les membres des comités, les collaborateurs et toute personne agissant au nom de l’association ou de la fondation, doivent désormais déclarer toute situation potentielle de conflit d’intérêt et s’abstenir de voter les délibérations ou d’agir si la situation se présente ;
  • renforcement de la démocratie interne des associations : participation exigée de toutes les catégories de membres à l’assemblée, éligibilité de ces derniers à toutes les fonctions d’administrateur et de dirigeant. Les statuts prévoient également la communication obligatoire de documents en amont des réunions, le monopole de l’assemblée générale (plutôt que du conseil d’administration) pour pourvoir aux sièges vacants d’administrateur, la limitation du nombre de pouvoirs accordés à une seule personne, la possibilité pour une proportion significative de membres (et non seulement pour les administrateurs) de faire inscrire une question à l’ordre du jour de l’assemblée générale, de demander une réunion du conseil d’administration ou de proposer une modification des statuts.

 

Téléchargez les recueils :